Blog Franchement-tu

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mercredi 19 mai 2010

Un homme un vrai.

Dans la salle de gym, aux murs jaunes, au tapis de mousse gris, dont on ignorait la saleté parce qu'après tout, ici, elle ne comptait pas, après tout ici nous étions des hommes, et les soupçons qui pourraient entacher les sols ne nous concernaient pas, on ne se parlait pas vraiment. Chacun se saluait poliment, poignées de main, signes de tête, exclamations parfois violentes, rappels tacites à quelle communauté nous appartenions tous (les vrais hommes) ; on prenait des nouvelles de chacun, du temps passé sur telle machine, du régime à initier, on prodiguait quelques conseils, la meilleure marque de gainer ou de protéines à choisir. Il y avait des hommes, je faisais partie des hommes, de cette très ancienne et vaste communauté, et ce que nous partagions pourtant ne semblait pas plus épais qu'un vernis.

Le rituel était immuable, chaque jour identique, chaque jour la carte en plastique, du format d'une carte bleue, nouveau trophée du porte-feuille, pas supplémentaire vers la puissance (ou, du moins, un ersatz de sérénité), déposée à l'entrée, déposée au commis ou à l'employée qui après deux ans ne connaîtrait toujours pas votre nom, les cinq marches descendues, on tournerait avant d'atteindre l'espace fermé douches / vestiaires / lavabos / toilettes, l'espace lui aussi sommaire, qu'on ne critiquerait pas à voix haute, puisque la vétusté des lieux attestait de la virilité qu'elle favorisait, et que cette virilité fondait ce qui nous rassemblait.

Face à la porte des vestiaires, certains s'entraineraient au Krav Maga, et on regarderait fasciné ces types aux cheveux courts, en chaussure et T-shirts blancs signés "Club Krav Maga", s'envoyer des poings dans la figure, les éviter, feindre d'un coup de pied, et renvoyer les poings, dans des mouvements en spirale trop complexes - ou trop rapides - pour en retracer la logique, pour différencier l'art de l'envie simple de frapper. Les coups de poings seraient portés droit. Plusieurs se suivraient. Les élèves porteraient les gants de boxe qui atténueraient les impacts. Devant cette chorégraphie, on resterait quelques minutes à observer, partagé entre l'envie de rejoindre le cours, et le sentiment que cette brutalité maîtrisée, aussi attirante qu'elle soit, ne nous correspondrait pas. On ne saurait pas feindre, à longueur de sessions, la fluidité naturelle de la brutalité. On le regretterait, on se demanderait après les séances de course à pied, d'abdos et de pectoraux, après aussi avoir constaté qu'on a pris du poids, et que le corps se fait moins léger que ce dont on se souvenait, on se demanderait donc combien de temps il nous faudrait avant de changer de salle de gym.

jeudi 1 octobre 2009

Toutes ces simagrées.

Quelques heures avant de lire.

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mardi 8 septembre 2009

Retour de flamme

ce que les gens disent à la table voisine.

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vendredi 19 décembre 2008

Sont-ce là des passions tristes ?

Il fait un peu froid, dans mon appartement. Il fait un peu froid ailleurs, aussi, dehors, et l'hiver se traîne humide comme une serpillère, gris aussi, presque aussi sale. Je rentre de Bruxelles, et je rentre de Béthune, et je me sens étrangement vidé, les factures sous les yeux (il faut bien nous payer), le compte en banque pas garni (il faudrait nous payer), l'attention désinvolte. A regarder mes chaussures, et espérer que les lacets se dénouent, à attendre le miracle, la science fiction, l'enchantement des souliers, mais non, rien, non. Merlin qui repassera.

Alors Esther me dit, repose-toi, repose-toi. Soit. Je dors beaucoup, mais ça ne passe pas. Je me réveille, ça ne passe pas. Une colère bizarre, comme une vibration sourde, dessous. Aujourd'hui, j'ai dit à Ludovic que je souhaitais frapper des têtes, avec mon poing. Mais c'est moi ça ? C'est quoi cette lubie ? Je reste un vrai gentil, hein ? Ou quoi ?

Sur Rue 89, ce soir, ils diffusent des films pris au téléphone portable, à Fleury. On voit donc Fleury, c'est une maison d'arrêt, je crois, pas un centre de détention, mais je ne sais plus. C'est sale, pire que sale, même pire qu'abject. Des bouteilles, des détritus, un ballon de foot, tout ça qui jonche les douches. La moisissure sombre sur les murs. Un filet d'eau qui s'écoule. Des réchauds enflammés posés sur des canettes. Et on te rappelle : trois douches par semaine.

Tout à l'heure, derrière moi dans le bus, une voyageuse s'étranglait en confiant le salaire de son boss, à l'ambassade de France à Pointe-Noire (15 000 euros par mois, hurlait-elle dans le 96). Elle prédisait que bientôt les gens n'en pourraient plus. Que c'est pour ça que "Sarko" reculait sur ces réformes. Que bientôt la majorité (la vraie, celle des gens) exploserait. C'est vrai : confusément, on sent cette majorité se construire. On la voit monter, comme une marée. Le peuple qui vient. Je lis sur Rue 89 que les policiers interdisent désormais que la presse les prenne en photo. Je lis dans le Canard que les gardes à vue se multiplient, pour outrage ou rébellion. Le Président de France Télévisions sera nommé par l'Elysée. La lune pleine et haute la mer, les vagues déferlant et soudain quelque chose comme des poings, nombreux, et serrés comme ils ne le pourraient pas. Alors, certes, je relis Vineland (pas certain que les dorures des collines de Californie fassent de si bon remparts, car même la tête dans le sable - et rien ne vaut Pynchon - la rumeur s'infiltre). Mais tu te demandes : tu fais quoi ?

Quand on est rentré de Béthune, lundi, la brume recouvrait le pays. Sur 220 kilomètres, rien n'existait, hors l'autoroute, et nous, à quatre, confinés dans le véhicule, nous roulions en parlant. Tout autour, il n'y avait rien, que le brouillard.

mercredi 26 novembre 2008

"Et le Respect..." à Bruxelles

Dans le cadre des 20 ans d'Espace P..., association de soutien aux travailleurs du sexe.

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dimanche 5 octobre 2008

Octobre, acné, Sokourov

Un week-end à Paris.

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vendredi 19 septembre 2008

De retour des oiseaux.

Ce qu'on apprend dans le Marquenterre.

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lundi 15 septembre 2008

Brèves sportives.

Mon club de sport est plus vivant que vos théâtres.

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vendredi 12 septembre 2008

Paris en vacances.

Comment prolonger les sortilèges.

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jeudi 11 septembre 2008

Quelque chose à propos des retours.

Après un été mutique, il est temps de retrouver ses pénates. Bourgeoisie et dissidence, par exemple.

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lundi 30 juin 2008

Lundi matin

Soleil, aftershave.

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jeudi 26 juin 2008

Rêves de Chine

Seul à Montréal, avec Lao Tseu et Confucius.

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lundi 16 juin 2008

De retour sur l'île

Ca s'appellerait une renaissance si le temps était moins gris.

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vendredi 18 avril 2008

Quelqu'un attend à Ithaque.

Pas sûr qu'il vienne.

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mardi 8 avril 2008

Le Groupe Krivitch à Mains d'Oeuvres cette semaine

J'aime bien ce que crée Ludovic Pouzerate, je communique donc l'info...

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