jeudi 21 décembre 2006
Eveil du printemps
Par M. Panda, jeudi 21 décembre 2006 à 11:31 :: General
Des progrès poétiques de la téléphonie mobile.
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jeudi 21 décembre 2006
Par M. Panda, jeudi 21 décembre 2006 à 11:31 :: General
Des progrès poétiques de la téléphonie mobile.
dimanche 17 décembre 2006
Par M. Panda, dimanche 17 décembre 2006 à 22:30 :: General

Vous avez remarqué : qu'à certains endroits, vous semblez si inspiré ? Que tout semble couler, et vous n'êtes plus que le vecteur passif d'un canal extérieur ? Rien de volontariste dans ce que vous faites : vous regardez le ciel, et les idées se posent. Voir, penser, écrire. L'imagination au pouvoir dans votre cerveau, et vous voilà galvanisé non stop des heures durant, amoureux de la vie, épris de la beauté qui vous entoure.
Ici, Paris. Chaque soir je sors. Dès le crépuscule, un film nouveau, une pièce inédite, une expo vierge. Pourtant, je sais, je sais : quand on voit tout, on ne fait rien. Le sol hivernal est bien glissant, et on y patine en ligne droite jusqu'en mars. Alors, LA question : quelle bretelle pour sortir de la compétition ? Quel nouveau bocage pour y planter ses pieds ? Je jette donc une bouteille à la mer : un jeune homme sympatique de ma connaissance crève d'envie d'une retraite de quelques semaines en janvier, et s'enquiert d'un ilôt serein (et bon marché). Un voyageur éprouvé saurait-il l'aviser ?
En même temps, Paris, c'est parfois pas si mal, et les Open Bars au champagne, joyeusement décadents. Allez, pour cette fois, à bas le misérabilisme.
vendredi 15 décembre 2006
Par M. Panda, vendredi 15 décembre 2006 à 13:58 :: General
Après le dyptique "Gênes 01" / "Peanuts" de Paravidino à Théâtre Ouvert, mis en scène par Stanislas Nordey.
lundi 11 décembre 2006
Par M. Panda, lundi 11 décembre 2006 à 11:52 :: General
Retour à Tennessee Williams.
vendredi 8 décembre 2006
Par M. Panda, vendredi 8 décembre 2006 à 09:17 :: General
Tendance achat.
jeudi 7 décembre 2006
Par M. Panda, jeudi 7 décembre 2006 à 12:00 :: General
Marianne Nicollet lit des textes de Grisélidis Réal à Culture Rapide, 103 rue Julien Lacroix, Paris 20 (M° Belleville), à 21h30.
Par M. Panda, jeudi 7 décembre 2006 à 11:09 :: General

Tu arrives sur la place du Palais-Royal, il est 14h50. Tu crois que tu es en retard. Tu crains que le cortège ne soit parti avant que tu l'aies rejoint. Mais tu as pris l'habitude des manifs, et un cortège qui démarre à l'heure, tu n'as encore jamais vu ça. Tu doutes même que ça existe. La place est parsemée. Tu es seul. Il y a toujours un gars, dans ces manifs-là, qui s'avise que tu es seul, et qui se rapproche de toi, qui regarde dans la direction opposée à celle où tu te trouves. Qui reste là suffisamment longtemps pour te laisser remarquer que, de la place, il y en a quand même beaucoup ailleurs, et que c'est sans doute volontairement qu'il se pose là, immobile, à cinquante centimètres de toi.
Tu retrouves des potes que tu n'as pas vu depuis longtemps, qui se plaignent de cette densité de foire de village. On n'attend que le cochon à rôtir et les danses folkloriques. L'occasion de se donner des nouvelles : ces gens qui ne surgissent que dans les manifs, et à qui, pourtant, on s'intéresse vraiment.
Tu croises des collègues du boulot. Mais pas, évidemment, celui avec qui tu aurais dû plancher dans la matinée, et qui t'a encore posé un lapin (c'est une manie).
Tu rencontres une amie comédienne avec qui tu travailles. Elle te prend le bras. Avant, elle te fait savoir qu'elle va avoir besoin d'être payée pour les mois de répétitions. Pas beaucoup, très peu même. Mais symboliquement, c'est important. Elle ne peut plus faire autrement. Que dire ? C'est courageux de sa part de partager cela. D'éviter des malentendus, au prix de petits conflits. Et tu le comprends. Tu le sais bien, qu'on a tous besoin d'argent, d'être payés en retour de notre labeur, même symboliquement. Que la gratuité a un temps. Mais l'argent, tu le trouves où ? A qui la faute si les finances se concentrent dans les mains d'une poignée ? Et n'est-ce pas l'un des sous-textes de cette manifestation ? Que derrière la question de l'intermittence, il y a celle du financement de l'art ?
Au Louvre, le soleil déchire calmement le ciel. Nous sommes sombres à marcher. Plus haut, l'avalanche de lumière se dilue, circonscrite à quelques kilomètres carrés, avant la superposition des gris. En bas, avant la Seine, au-dessus des fenêtres du Palais, les yeux des statues ne nous lâchent pas. Si, toi, tu y regardes bien, tu peux y lire une métaphore de notre condition : notre entêtement à être vivants dans l'enceinte des monuments sublimes, et à prouver la possibilité de notre coexistence.
mercredi 6 décembre 2006
Par M. Panda, mercredi 6 décembre 2006 à 11:13 :: General
Et tout cela au même instant à Pantin.
mardi 5 décembre 2006
Par M. Panda, mardi 5 décembre 2006 à 16:11 :: General

Il se rappelait une chose : d'un statut social, il ne voulait pas. Il briserait ses habitudes en menus morceaux, il en ferait une ligne brisée, et il en connaîtrait la fin. Il serait là, droit dans ses bottes, solide, et à la fois ailleurs. Léger, léger, et loin. Mais bon, il s'en rendait bien compte : il était là, là et pas ailleurs, et il lui faudrait faire avec. Donc il se disait que de statut social, il n'en voulait pas. Mais qu'en même temps, ça lui posait quelques problèmes. Peut-être était-ce précisément l'invraisemblance de cette assertion qui le poussait à en faire un axiome de son existence ? Pas de statut social ? OK, il aurait détesté devoir exécuter tous les jours, au même endroit, les mêmes tâches aliénantes. Il l'avait fait, et ça lui avait déplu. Mais il savait bien, également, qu'il n'aurait pas supporté une vacance quotidienne. Il avait été éduqué dans l'amour (et la nécessité) du travail, dans la valorisation d'une gestion optimale de son temps, et il était ainsi devenu une machine schizophrène : convaincue de la nécessité de l'attente, mais incapable de gérer sa patience. Une machine assez efficace, dans son genre. Mais rapidement sujette aux dérèglements. Handle with care. Qui ne savait pas conjuguer le travail au mode passif, et qui s'épouvantait de la place que le temps libre allait devoir prendre dans sa vie. Il préférait sautiller sur place plutôt que de patienter pour bondir. Il désavouait ses choix. Pourtant, c'était bien les siens.
Et novembre autour. Novembre, le neuvième, est un mois humide et froid, oublieux des couleurs, réticent aux plaisirs, triste hérault du début de l'hiver. Chacun fait vraiment ce qu'il peut, mais rien n'empêche de penser que c'est tout de même une drôle de vocation qui vous amène à être le mois de novembre.
De notre côté, on s'applique à ne pas abdiquer, et à rester brillants et colorés devant la brique brune. Par exemple, on commence à se réunir pour l'écriture de Soda, et c'est bien. Par exemple, on prépare une lecture de Grisélidis dans un bar, et c'est bien, aussi. Par exemple, on part emprunter des images à la Suisse genevoise, et le lac Léman rougit au soleil couchant, et ça aussi, devinez quoi : c'est bien. A croire qu'on n'apprécie les goulées d'air que lorsqu'on a cessé de respirer. On est bizarrement faits.