Toutes ces simagrées.
Par M. Panda, jeudi 1 octobre 2009 à 09:58 :: General :: #143 :: rss
Quelques heures avant de lire.
Arraché d'un coup à la torpeur, pouf, réveil électrique : les répétitions, ça va, mais hier, la générale, et le public qui dort ou ne dort pas mais froid ou en tout cas pas chaud (voilà ce qu'il se dit). Ok OK. Il faut bien à un moment la mériter, sa paye. Il faudra bien qu'il joue. Un peu pour cela qu'on lui a versé cet argent : pour qu'il présente ce sur quoi il a travaillé - le fric, ce n'était pas uniquement pour lui permettre de se dorer le mollet sur les sentiers de France.
Il y a un peu de chagrin, qu'il tente de noyer. Ce n'est d'ailleurs pas vraiment un chagrin, plutôt un sentiment qui y ressemblerait, comme le chagrin d'une perte imaginaire, le petit rejeton de sa paranoïa. "C'est quoi qui te rend triste ? Ce que peut-être les gens ont pensé." Ouh là. Il faudrait quand même qu'il se dise que les autres, il ne les connaît pas, et qu'il serait bien sot de s'arrêter à leurs jugements, puisque, précisément, ces jugements, il n'en sait pas le début du commencement. Et sans parler des arguments. Il aime bien ce qu'il a écrit, non ? Ça ressemblerait plutôt à ce qu'il aurait envie de lire... Ben oui. Alors, il devrait peut-être également réaliser que ce ne sera pas là un jugement définitif qu'on lui assènera sur le crâne, bam le coup de gourdin, et bye bye le terre, bonjour les étoiles (ou la nuit noire et aveugle), mais plutôt le premier pas qui l'amènera à l'amélioration de ce qu'il fait, vers le dépassement nécessaire, putain la vache la sublimation, quoi, amen et tout, et que cette histoire d'expérience / lecture / écriture entame juste un processus plus vaste qu'il faut bien un peu corriger si on souhaite qu'il dure. Hé oui. Ça prend du temps. Apprendre à marcher, faire du ski, manger avec des baguettes, tout ça.
Bref, il se disait qu'il n'avait pas vraiment de raison d'avoir peur. Et qu'il avait fait son job, et que tant pis si son job, on ne lui accordait que peu de valeur, parce que ce job, il l'avait terminé. Au moins. Chaque fois qu'il y pensait, ça lui réchauffait le ventre (mais, comme quand lorsqu'on réchauffe au micro-onde, est-ce qu'il n'y aurait pas que la surface toute première de la cuisse de poulet qui témoignerait d'une tiédeur ?). Et d'ailleurs, il devrait s'en foutre, de l'étendue de cette tiédeur. Le poulet tiède, même superficiellement, c'est toujours mieux que la carcasse froide. Mange chaud. Ne prends pas froid. Allez. A l'assaut, Geronimo. Taïaut.
Zou.
Commentaires
Aucun commentaire pour le moment.
Ajouter un commentaire
Les commentaires pour ce billet sont fermés.